Alain Ponçon
uu



Menu

Ils ont écrit


Martine Gasnier, écrivain, critique d'art - Directeur de l’office départemental de la culture de l’Orne jusqu'en 2015. Texte écrit, pour l'exposition qu'elle organise, Galerie de la Mairie, du 29 au 13 aout 2017 à La Bazoches-sur-Hoëne, 61560– http://martine.gasnier.pagesperso-orange.fr/
Bien sûr, il y a encore et toujours les bistrots parce que le peintre nourrit une tendresse, jamais démentie, pour ces derniers endroits de convivialité où les êtres échappent, le temps d'un verre, à leur solitude. Il y eut d'abord les hommes, plongés dans d'abyssales réflexions ou engagés dans des conversations où les lieux communs sont érigés en vérité philosophique. Puis les femmes entrèrent et s’installèrent, elles aussi, au comptoir, affichant une belle effronterie et composant de nouveaux groupes dont la liberté de ton a fini par triompher des préjugés. Entrer au bistrot comme l'une des revendications féministes, voilà qui donne à l'artiste matière à nous livrerdes toiles réjouissantes aux personnages hauts en couleurs. Elles se prénomment Paulette ou Denise, pas Marie-Aude ou Paule. C'est qu'Alain Ponçon puise son inspiration dans la vie ordinaire. Les scènes qu'il donne àvoir nous sont connues et l'héroïsme en est banni ; la « photo de vacances » nous renvoie à des souvenirs personnels et « Vendredi Thalassa » aussi. Il y a dans ce couple assis, l'un contre l'autre, sur un canapé, les yeux fixés sur l'écran de télévision que l'on devine quelque chose de ce qu'il faut bien appeler de la banalité, sauf que là, sous le pinceau démiurge, l'instant devient solennel, ces deux-là sont partis en voyage pour des pays lointains. Laissons les tranquilles.
Il arrive que le cours de l'existence paisible qui habite l’oeuvre du peintre soit quelque peu bousculée et en révèle une face plus sombre. À cet égard,deux toiles nous semblent emblématiques. D'abord « la mariée » : longue silhouette qui fuit, tenant à la main un bouquet dérisoire et poursuivie par une meute d'hommes en noir aux figures peu amènes, voire abruties.Auquel d'entre eux l'épousée tente-t-elle d'échapper ? à tous peut-être et on la comprend. Nous reviennent en mémoire de bien terribles histoires où l'on sacrifiait les jeunes filles sur l'autel du mariage pour satisfaire à des intérêts peu avouables. Celle-là sera peut-être sauvée mais l'image demeure terrible et nous murmure que l'amour est ailleurs … Il y a aussi « Deux hommes, une femme » qui vont par un chemin vers leur destin. Ils portent sur leurs traits quelque chose de définitif, de pire que le mal de vivre, une sorte d'épuisement à tenter d'être, sans rémission possible. C'est la résignation des gens simples. Alors comme un exorcisme à trop de drame, l'artiste retrouve, pour nous l'offrir, le bonheur de peindre des couples amoureux et des mariés heureux, si émouvants dans leur simplicité et leur évidence d'être au monde.
Alain Ponçon ne nous parle que d'humanité, il a emprunté une voie singulière à une époque où l'on se gargarise volontiers de propos abscons sur l'art. Il est le digne héritier d'une tradition picturale qui procure de l'émotion. C'est assez rare pour être souligné.
Martine Gasnier  Mars 2017



Mélanie Pichot, comédienne - Texte écrit en 2016 pour présenter l'exposition "Paysages urbains" dans le programme de la saison du Théâtre en Pièces à Chartres
Nous sommes des amoureux de la peinture d’Alain Ponçon depuis plusieurs années. Nous nous sentons très proches de sa création. Nous avons fait un bout de chemin ensemble avec la pièce Je m’appelle Don Quichotte où les peintures d’Alain accompagnaient le spectacle et les tournées. Des couleurs vives, des histoires simples, des personnages du quotidien... Une représentation naïve de la vie au premier abord... et puis l’angoisse, la peur, la violence, le désarroi, la solitude apparaissent. On a souvent envie de pleurer en regardant les toiles d’Alain mais la joie imposée par la couleur nous pousse à ouvrir nos yeux en grand, nous force à sourire, nous envoie ailleurs,nous propulse dans un autre monde. Cette nouvelle série de  Paysages Urbains, avec des couleurs plus douces, avec des paysages proches de l’abstrait... et des solitudes qui cherchent où aller, nous émeut profondément. Nous pensons beaucoup à Tchekhov.»



Jean-claude Ponçon
, écrivain et frère de Alain. Texte écrit, en novembre 2016 pour l’événement « Un écrivain, un peintre » au Saint Jacques, à Yèvres le 16 décembre. Texte publié dans l’Écho Républicain.
D’où vient ce gène qui pousse deux hommes vers ces étonnants rivages de l’imaginaire. Peut-être que leur arrière grand-père du Moyen-Orient leur communiqua les rêves des génies de cette basses Chaldée martyrisée.
Peut-être que c’est leur grand-mère bretonne qui leur apporta le goût amer du vent du large. Peut-être que ces romanichels, comme on disait naguère, leurs ancêtres lointains paraît-il, arrêtés sur les bords du Loir, leur donnèrent l’envie du départ. Peut importe d’ailleurs où se planque ce gène baladeur.
Alain, le puîné, le transforma en désespoirs de l’imaginaire, en sarabandes de couleurs, en ironies illustrées, en tristesses écarlates, jusqu’à l’instant où le rêve devient réalité.
Il a fallu du temps, cet inexorable connard pour que les histoires de Jean-Claude fassent signe avec un goût de citron vert à la caravane burlesque et ridicule du cirque de notre monde sans mansuétude.
Lui, l’employé aux écritures braconne la métaphore. D’un roman du terroir, il passe aux mystères de l’histoire de France, de la nouvelle au document, il a ainsi avec joie désespéré la fidèle lectrice qui l’attendait sur la même longueur d’onde, paroles et musique ! Nomade instable dont Alphonse Bourdard disait : ce con qu’est-ce qu’il écrit bien ! C’est ainsi que d’un comptoir l’autre, les histoires se mélangent et les personnages se parlent chez ces deux frères, pas de quoi en faire une histoire !


Michel Mortier - Maître de Conférences honoraire, historien, critique d'art, musicien. Correspondance - 2015
Parmi les artistes  à inscrire au tableau d'honneur de la peinture, il y a les très grands visionnaires, mais aussi  ceux qui, tout en restant fidèles à leur nature et à leur marque stylistique, sont capables d' évoluer en reflétant les problèmes de notre monde.  Alain Ponçon est de ceux-là: si, dans sa jeunesse, le réalisme ne lui était pas étranger, il a opté pour une manière plus conforme à ses données propres qui le rattache à l' art singulier, ce qui ne veut pas dire naïf pour autant. Derrière l' apparence parfois trompeuse de scènes souriantes et d'un coloris aux  vivacités crues , il présente l' individu ou le couple  dans un cadre essentiellement familier où l' on peut certes retrouver le plaisir du quotidien, mais où  l'on perçoit souvent l' angoisse voire le tragique de situations  domestiques à l' image de notre condition humaine.

Un premier degré de son évolution fut, il y a quelques années déjà,  le recours à quelque  grand mythe dont le personnage de Don Quichotte fut l'éminent représentant. Désormais, la palette vibre davantage, refuse les à-plats,  le cadre s'élargit, devient témoin de notre monde contemporain : l' individu peut être livré à  la multitude, comme le montre l' accumulation de têtes sans corps. Il est également perdu dans des espaces urbains ou naturels  riches de signes parfois imperceptibles et contradictoires, ceux de la  profusion technologique et du dénuement spirituel qui nous accablent  et risquent de nous faire basculer dans un monde  déshumanisé où la solitude est un thème majeur qui pose le problème de notre existence même.



Interview de la revue artistique l’Aréopage. Préparation de l'article publié en 2015 - Visite de l'atelier par l'équipe de "L'Aréopage"- Cette revue est aujourd'hui seulement éditée sur internet avec le Titre de L'ego du moi (s)
Alain Ponçon né en 1947 dans une école à Moigny sur école près de Milly la forêt, nous déclare ne faire partie d'aucune école... Quand on arrive au monde dans un lieu aussi chargé en courant artistique : l'école française de Barbizon, le nouveau réalisme avec Tinguély et son cyclope, l'art brut avec le sculpteur Chomo, Jean Cocteau et sa maison , Pierre mac Orlan et sa générosité, Comment choisir ? Eh bien , en faisant du Alain Ponçon, évidement.

L'Aréo : Avant d'entamer la visite d'atelier peux -tu nous d'écrire cette démarche qui t'a amené à peindre ?
A.P: Je ne sais pas. C'est toujours difficile de parler de soi. J'ai plusieurs versions, comment définir à quel moment on entre dans la peinture. Je vais vous offrir la plus misérabiliste. J'ai perdu ma mère à l'âge de 6 ans, alors je me suis réfugié dans la couleur. Mais est-ce bien l'explication?
J'ai commencé à prendre des cours à 12 ans et à l'âge de 18 j'ai fréquenté Chomo, Pierre Mac Orlan, Marc Lenoir paysagiste et curé de choc célèbre pour ces extravagances, Jean Pierre Chabrol et beaucoup de personnes qui gravitaient autour d'eux. Alors, je faisais l'artiste, avec d'autres.
L'Aréo: Mais tu faisais un métier à côté?
A.P: A cette époque, on pouvait vivre assez facilement de petits boulots.
L'Aréo: Peux-tu nous en dire plus sur Chomo?
A.P: Deux amies me l'ont présenté, je me souviens de cette première visite à vélo car à l'époque je n'avais pas de voiture comme beaucoup de jeunes. Je l'ai fréquenté jusque dans les années 73 et un jour on s'est fâché, je l'avais contredit! Voici ma première vraie toile, je suis rentré directement dans l'art moderne du 20ième siècle sans aborder la peinture « classique », je faisais déjà du «Chomo». Il ne me reste que peu d’œuvres de cette période. Quand je suis rentré de l'armée, mon père avait tout jeter, plus de cinquante toiles... Pourtant il était enseignant et amateur de peinture. Il me reste aussi 2 ou 3 assemblages à la manière «Chomo». A l'époque il faisait beaucoup d’œuvres en plastique fondu et même des télévisions ramollies au chalumeau. J'ai perdu le contact avec lui mais Laurent Danchin, un ami universitaire qui a écrit un livre sur lui me donnait des nouvelles de lui. Et puis la vie d'artiste est devenue difficile et je suis rentré dans le système classique à l'EDF jusqu'en 2000. Je n'ai pas arrêté de peindre mais ma véritable activité artistique a commencé à cette époque avec la création de collectifs. (Roger Chomeaux dit Chomo, 1907- 1999, artiste, sculpteur, fondateur du village d'art Préludien à Achères la forêt, Seine et Marne ).
L'Aréo: Tu en as créé beaucoup?
A.P:Deux principaux et un troisième avec un ami. Tout d'abord «Synchronicales» qui s'inspirait des idées de Jung sur le hasard, les simultanéités. Ce collectif était composé d'artistes que je ne connaissais pas, choisis au hasard sur internet. L'idée étant d'être au moins six ou sept pour que chacun prenne en charge une exposition dans sa région. Au bout d'un certain temps , l'égo des artistes a été le plus fort et j'ai été obligé pour continuer de reprendre «Synchronicales» d'une manière autocratique.
L'Aréo: Ce collectif existe encore?
A.P: Bien qu'en stand by il existe toujours avec juste un carré dur qui tient bon dont Michel Liénard, artiste belge et Bruno Anthony avec qui je dirige le troisième collectif 162 97. Le deuxième est «Nainchronicales» dont l'idée vient justement de celui-ci qui m'a dit un jour «j'ai envie de relooker des nains»... Et le hasard ou la synchronicité ont fait qu'un magasin du Gault st Denis vendait un stock de nains de jardin. On les a acheté, distribué au copains et voilà, «Nainchronicales» était né. Maintenant, la démarche a évolué car certains nains sont complètement fabriqués par les artistes. Il ya encore régulièrement des expositions «Nainchronicales»
L'Aréo: Quel enseignement tires-tu du fonctionnement de ces collectifs?
A.P:Toutes ces histoires, belles ou ayant mal tournées m'ont désinhibé parce que quand tu parles des autres, tu parles de toi d'une manière moins égoïste. Si je n'avais pas fait «Synchronicales», je ne tiendrais pas le même discours et n'aurait pas eu toute cette démarche enrichissante avec les autres.
L'Aréo:C'est vrai que beaucoup d'artistes peinent avec leurs relations avec l'extérieur car si nous avons un métier public nous avons pour la plupart beaucoup de mal avec l'expression verbale quand il s'agit de parler de notre travail.
A.P: la seule chose qui compte vraiment c'est d'être total devant l’œuvre en cours, dans l'atelier «un artiste qui ne va pas jusqu'au bout de ses rêves, de ses envies.... autant qu'il reste couché».
L'Aréo: Après avoir visité ton site, j'en viens à cette question par rapport à ton art. Elle n'est pas technique mais gestuelle:Est-ce que dés le départ tu as peint comme on peut le voir sur celui-ci ou avec une total inhibition par rapport au style et à ce que tu ressens? Les photos sont toujours trompeuses sur certaines choses.
A.P: Eh!bien, je vous invite à voir l'atelier pour approfondir cette impression.

L'Atelier, une petite maison basse au fond du jardin, colombage et mur en terre, le temps y est en suspension. Voici ma grotte, comme l'a nomme Alain. Des peintures partout, bien rangées, empilées, des tonnes de dessins, des tubes de peintures en multitudes, deux fauteuils et un chevalet et juste assez de place pour se faufiler dans les trois petites pièces qui l'a compose.

A.P «Attention à la peinture, elle n'est pas sèche, j'en ai trois en cours en ce moment»
L'Aréo: On se rend bien compte de la richesse des matières, les frottis, les sous-couches que tu emploies, comment travailles tu?
A.P: de préférence le matin et suivant l'avancement du tableau plus longtemps car au début, je peins à l'acrylique pour la rapidité du geste et du séchage. Après une esquisse sur un carnet, j'attaque la toile. Je finis toujours à l'huile pour la transparence. En réalité, mes peintures se font surtout dans le fauteuil, là dans la réflexion. Ma peinture est aussi un travail d'écriture. Cette écriture est authentification, c'est ma force.Je ne suis pas novateur mais on peut reconnaître en disant c'est du Ponçon!
L'Aréo: Dans quel style de peinture te sens -tu en famille?
A.P: on me prend souvent pour un naïf, mais je suis tout le contraire. Toutes mes peintures se réfèrent à l'histoire de l'art, je ne suis pas dans le cadre de la «peinture spontanée». Je me sens très proche des expressionnistes, un de mes artistes préférés est Ernst Kirchner qui s'est suicidé après que les nazis l'aient inscrit sur leur liste de «l'art dégénéré» en 1937. Lorsque je dessine par contre ma démarche se rapproche de l'écriture automatique.

L'Aréo: en ce moment sur quelles peintures travailles-tu?
A.P: J'ai trois séries sur lesquelles je travaille actuellement, une série urbaine avec une vision issue des films du cinéma italien des années 60. Ces tableaux représentent des immeubles, du vide, des terrains vagues, des casses automobiles et des personnages dynamiques, de passage. Ces « Univers de banlieue » possèdent pour beaucoup un caddy, objet emblématique de ces cités abandonnés, exilées qui servent à faire les courses pour les nantis, de jeux pour les ados en mal de vivre. Je le représente toujours vide parce qu’il est chargé des rêves du personnage, des rêves qui ne sont pas liés à la consommation mais symboliquement «présente».Ce sont des peintures très actuelles car nous assistons au retour des bidonvilles en France.
L'Aréo: très forte cette série «Caddy» si je peux me permettre; encore plus fort ces yeux qui nous regardent sans nous voir.
A.P: là, c'est un gros travail en perspective. Ces peintures grands formats sont faite pour être accolées et couvrir une salle complète, je doit en faire une vingtaine.
L'Aréo: cette foule silencieuse qui vous regarde est très angoissante et limite obsessionnelle, l'effet final sera sûrement très impressionnant. Là, on est vraiment à la limite de l'art brut.
A.P: Je peins aussi régulièrement des scènes de bistrot moins éprouvante, plus réaliste et plus accessible au public.
L'Aréo: Bien qu'elles fassent toujours ressortir une certaine angoisse, les personnages y sont plein de lassitude, à la limite de la dépression, les couleurs elles, vives, éclatantes prouvent le contraire ou tout du moins invitent à l'espoir. Il y a quand même un vrai fil conducteur entre ces trois séries, celui d'un peintre témoin de son temps qui représente sa société en perdition avec humour et sarcasme comme beaucoup de grands peintres l'on fait à leur époque.
As-tu beaucoup de projets en cours?
A.P :Bien sur, en dehors du travail d'atelier, je m'occupe de mes expos avec entre autre une exposition internationale collective en Italie mais plus çà va plus le temps passe plus je suis dans l'urgence.
Chomo disait qu'il en était à sa vingtième vie mais que celle de peintre était haut placé dans la hiérarchie de celles-ci. En aurai-je une autre pour continuer ce que je n'aurai pas eu le temps de faire.




Marie Hélène Calvignac - 8 avril 2013 correspondance
Je suis sensible à l'univers feutré et voilé d’Édith, quant à celui d'Alain, il m'étonne, me surprend; son monde saturé fonctionne comme un mur sur lequel il accroche des fantasmes chaotiques portés par des couleurs magnifiques, dans son antre, les masques aux regards hallucinés semblent une menace, ils grimacent avec force, puis, soudain, au détour d'un empilement ce sont des oiseaux d'un autre monde qui s'envolent c'est un beau voyage dont les virages périlleux réveillent l'imaginaire, à la fois d'ici et surtout d'ailleurs.




Martine Gasnier, écrivain, critique d'art - Directeur de l’office départemental de la culture de l’Orne. Elle est à l'origine de l'exposition de l'espace culturel du Houlme, à Briouze. Exposition organisée par l'office départemental de la culture de l'Orne. Texte écrit pour la présentation de l'exposition 14/11/2012 –http://martine.gasnier.pagesperso-orange.fr/
Sans nul doute, la peinture d’Alain Ponçon évoque tout ensemble le fauvisme et l’expressionnisme par ses couleurs éclatantes et l’art brut par sa forme. On serait tenté d’égrener des noms d’artistes connus et reconnus à cause de cette manie que l’on a de convoquer les références. Pourtant nous sommes là face à une œuvre singulière peuplée de personnages qui nous regardent de leurs yeux minuscules perdus au fond d’orbites immenses et nous livrent leur cœur avec confiance. Car sous l’apparente simplicité d’anecdotes de la vie de tous les jours, l’artiste nous parle d’angoisse, de solitude mais aussi de tendresse. Il y a quelque chose de tragique dans cette «fin d’année au bistrot» où un couple assis devant son verre semble conjurer la vacuité de l’attente. C’est une fête forcée et dérisoire d’où la joie est exclue. Ces deux là n’ont pas d’amis, pas plus que ces «copains» cravatés qui demeurent irrémédiablement seuls en face de nous ou ces êtres qui ont abandonné leurs rêves sous le chapiteau du «grand cirque». Pourtant, l’œuvre du peintre connaît aussi de beaux moments de sérénité quand des personnages, des femmes surtout, accompagnées d’un chat jaune, se livrent à de paisibles occupations: l’assemblage d’un puzzle près du sapin de Noël au pied duquel des cadeaux attendent les invités, un couple qui arrose son jardin ou une femme qui berce dans ses bras son petit félin à l’expression douce et enfantine. Nous nous embarquons, avec Alain PONÇON, pour un univers où les hommes nous ressemblent, ils font partie de notre famille et nous éprouvons pour eux de l’empathie, pour leur créateur aussi, lui qui s’est représenté en train de peindre, cloué dans un fauteuil roulant poussé par une femme aux rondeurs troublantes. Sur la toile ne demeure qu’une paire d’yeux interrogateurs comme si le vieil artiste n’avait conservé de son travail que l’essentiel: une question sans réponse.


Emmanuel Ray, metteur en scène – Programme du Théâtre en Pièces (10 aout 2011)
Je suis sensible à l'univers feutré et voilé d’Édith, quant à celui d'Alain, il m'étonne, me surprend; son monde saturé fonctionne comme un mur sur lequel il accroche des fantasmes chaotiques portés par des couleurs magnifiques, dans son antre, les masques aux regards hallucinés semblent une menace, ils grimacent avec force, puis, soudain, au détour d'un empilement ce sont des oiseaux d'un autre monde qui s'envolent c'est un beau voyage dont les virages périlleux réveillent l'imaginaire,
à la fois d'ici et surtout d'ailleurs.



Luis Porquet, poète, écrivain, parolier, journaliste et critique d'Art. Article du 30 novembre 2011 Salon CREA de St-Ouen-de-Thouberville (27) le courrier de l’Eure
L'œil est spontanément capté par la vigueur et les audaces de la palette d'Alain Ponçon. Son univers, a priori plein de gaîté et crépitant de fantaisie, semble pourtant hanté par une étrange nostalgie, celle d'un monde révolu, peut-être ? Quand on observe attentivement ses personnages, on devine en eux un questionnement, comme une angoisse existentielle, un malaise qui masque son nom. La cuisinière verte de mon enfance; Bord de mer et Le Puzzle, assez complexe à déchiffrer comme le laisse entrevoir son titre sont des séquences où pointe une certaine émotion. A genoux, petite toile qui représente une jeune fille, présente un caractère expressionniste. En dépit de sa sobriété, elle n'est pas la moins forte du lot.


Michel Mortier - Maître de Conférences honoraire, historien, critique d'art, musicien. texte pour l'exposition personnelle galerie Axmann - le 03 10 2010
La couleur jouxte la couleur, couleurs vives issues du fauvisme et de l'expressionnisme. Dans chaque tableau triomphent le rouge et le jaune: ils investissent des personnages généralement chauves et stylisés jusqu' à devenir des poupées de chiffon qui expriment en surface l'insouciance des premières années, la joie de vivre dans la simplicité du quotidien, entre art brut et art naïf.
Or, Alain Ponçon joue de l'ambiguïté jusqu'à nous égarer : au premier regard, le spectateur voit ce qu' il aperçoit chaque jour, deux amoureux qui se donnent une main juste esquissée ou qui se bécotent de toute la pulpe vermillon de leurs lèvres dessinées seulement de deux gros traits rouges, une jeune fille souriante qui tient entre ses jambes son chat, lui aussi souriant d'une satisfaction érotique, un couple adulte assis devant sa télévision ou attablé devant deux verres stylisés, elle en robe d' un rouge ridiculement kitsch, lui en bleu de travail désespérément bleu marine, une lectrice faussement attentive à sa lecture, une dame-enfant assise dans un énorme fauteuil étouffant d'ampleur et de couleur faisant une réussite sur une table sans style d'où a glissé une carte, une dame de cœur, deux enfants complémentaires par leur sexe et la couleur de leurs chevaux de bois fixés dans leur balancement parallèle... Dans l'abondante production d'Alain Ponçon, on pourrait multiplier les exemples où la banalité des scènes évoquées et la naïveté du dessin à la fois simple et grossier, mais de toute façon volontairement puéril, rend malgré tout les personnages attachants parce que vus avec tendresse.
Et pourtant, il ne faut pas longtemps pour voir dans cette peinture autre chose que joie de vivre, plaisir de peindre, jouissance du quotidien, car, malgré tout, on sent que les yeux régulièrement en forme de soucoupes sombres disent quelque chose avec une éloquence cachée: ils fixent les spectateurs d' un regard d' angoisse qui béent de solitude, d' enfermement et de désamour, tout cela issu peut-être du passé, celui de l' enfance. Car si cette peinture nous montre à l' évidence une forme de nostalgie, celle d' une enfance véritable que l' artiste recherche après-coup et revendique comme thématique essentielle de son œuvre, les adultes-enfants évoqués d' une manière où l' humour n' est pas absent, occupent le premier plan d'espaces domestiques souvent clos où chaque personnage, en la dissimulant derrière un sourire, montre une solitude, qui peut être également à deux, à trois, à quatre etc... L' espace est clos par un arrière-plan parfois sombre qui bloque toute issue, parfois plus clair, mais alors c'est une cloison sans fenêtre, et le carrelage du sol refuse souvent la perspective, pour devenir une sorte de mur quadrillé. Si une fenêtre se dessine, elle s' ouvre rarement sur le bleu du ciel ou alors c' est un ciel méditerranéen à souhait, un à-plat qui contribue à la banalité de la scène, un ciel finalement dénué de vie. Nous sommes à chaque instant ramenés vers le premier plan, mis, avec les personnages, dans une situation d'enfermement, celui de la médiocrité sociale et existentielle (qui s' exprime par exemple dans la cocotte en papier ) en face de laquelle Alain Ponçon nous place sans acrimonie et sans révolte. Ne faut-il donc pas aller plus loin et lire dans cette peinture la peur inavouée de l' avenir, car les personnages, contraints au côte à côte dans le présent (dans certains foules l' accumulation colorée des visages rappelle les masques d' Ensor ) , sont tous dans une attente figée de l' avenir. Avec une fausse naïveté, Alain Ponçon nous met en face de notre condition à tous, à la fois volatile ( comme les collages-déchirures qu' il crée et qui ont la forme du transitoire et du fugitif ) et angoissante, où, étant donné notre destin commun, chacun est en quête de la chaleur d' autrui . Si, dans son œuvre, Alain Ponçon reste pudique, il ne peut s' empêcher parfois de dire tout cela plus ouvertement, c'est à dire sans se cacher derrière le sourire de ses personnages, par exemple dans certaines figures inquiétantes qui évoquent les couleurs et les formes du vaudou, dans quelque visage surdimensionné et accablant qui domine un sujet minuscule, le tout jouant dans le rouge et le noir devant un ciel violet totalement fermé, ou dans un cheval cramoisi qui attend d' emporter son cavalier vers l'incertain. Il ressort de tout cela que la thématique fondamentale d'Alain Ponçon semble être notre incapacité à agir sur le temps - passé, présent, avenir - c' est à dire en fin de compte le jeu de la vie et de la mort dans la succession des générations.



Jean-Pierre Jacquet Commissaire au Conseil Supérieur des Musées Francophones de Belgique - Texte de la présentation de l'exposition du château de Chasselas
C'est celui qui écrit de la plus «primordiale» façon. Avec une écriture venue immédiatement du fond des âges des hommes, avec des messages ancestraux qui ont une puissance indicible tant par leurs couleurs que les formes encore en pleine ébauche.
Qui pourrait ne pas voir là des figures de Cao au Portugal, ou de celles du Tassili, ou des glyphes de Mésoamérique ...
Celles des abris ou des grottes, celles des mains projetées, des chamans et des chasseurs. Celles des premiers signes pas encore abstraits, mais si clairement ôtés du concret ordinaire pour faire langage !  Échange de paroles implicites et de suggestions liminales.
Ses personnages ébauchés mais vivant, éclatant de vie, renvoient sans le moindre doute aux ancêtres, les premiers Sapiens, les premiers à avoir la conscience de leur humanité, les premiers à avoir communiqué par la forme la plus essentielle de l'écrit, celle qui a précédé toutes les autres, celle qui, les mettant personnellement en scène, les engageait sans doute le plus loin dans la communication d'eux-mêmes, celle qui leur donnait le pouvoir tant sur eux-mêmes que sur les autres formes de vie.
Le premier pouvoir essentiel est donné là : l'homme prend la parole par son signe d'écriture le plus fondamental, lui-même.

Alain Ponçon ne se limite pas à cette écriture-là, non !
Regardez aussi ses cerfs-volants, autre langage, autre écriture bien sûr. Car ces cerfs-volants eux aussi sont des écritures, des signes de langage, des messages adressés au loin, au ciel peut-être, aux autres hommes qui vivent sous des ciels d'ailleurs. Les cerfs-volants d'Alain Ponçon ont ceci de particulier qu'ils sont eux aussi des figures d'hommes, qu'ils donnent eux aussi l'homme lui-même comme porteur du message. L'homme une fois encore ôté du concret pour donner le sens, la direction de l'abstraction.
L'homme est le message, l'homme est l'écriture, l'homme se dit lui-même comme au premier temps.



Gaëlle Konak Poète, photographe, peintre (Regards, avril 2007) Les cerfs volants
Vivre et être humain. Telle est la tâche qui nous est donnée. Ordonnée. Mais comment? Comment sortir de l’osmose et accepter d’être seul? Comment faire semblant qu’on durera toujours et prendre part à la partie qui est jouée d’avance? Comment sourire et se lever et rester debout et résister, résister à l’appel de la terre, rester chaud et mouvant et vivant?

Leur vie ne tient qu’à un fil. Leurs os et leur peau : des brindilles et du papier. Le souffle de vie est imprévisible, traître, subi. Leur existence, qu’un souffle dans le vent. Ils volent follement, sans contrôle, sans but, sans aller nulle part. Ils flottent et tournent quelques instants puis tombent et se brisent.Il n’y a pas de liberté -quelqu’un me retient, me rappelle à la terre.Il n’y a pas de sécurité -je ne suis qu’un fétu de papier au bout d’un fil qui peut se casser, retenu par un autre qui peut me lâcher.
Les yeux des cerfs-volants ne regardent pas. Les sourires des cerfs-volants ne sourient pas. Ils dérivent.
Ils me parlent de l’effroi de devenir humain. Réaliser qu’on n’a vraiment sa place ni en haut ni en bas, qu’on est fragile et impuissant, qu’à tout moment on peut tomber et qu’un jour on tombera. Alors on se colle un sourire de papier mâché et on se barbouille les yeux pour maquiller les larmes et la peur et la lassitude qui nous prennent alors, on étend les bras comme un condamné et on laisse la brise -ou la tempête- nous emmener en voyage. Pour oublier. Oublier ce que c’est que d’être humain. (‘Ne me lache-pas!’)
Ces cerfs-volants ont également le “vrai” goût de l’enfance qui est tout sauf l’innocente croisière que l’on veut croire. Ils mélangent sans tabou le rêve et le cauchemar, le jeu et l’angoisse, de toutes ces turbulences auxquelles on doit faire face avant même de savoir mettre des mots dessus (‘je suis là!’). Ils sont lancés comme des appels à l’humour et au jeu pour résister à la terreur et au désespoir. Fragiles mais colorés, surchargés mais légers, les cerfs-volants ironisent. Ils ne sont pas ce qu’ils ont l’air


Ann Fischer, musicienne. Les jaunes d'Alain Musique composée en partie dans l'atelier2007     Ecouter 


Massin est une figure emblématique de l'édition française et du graphisme pendant un demi siècle.  Membre de l'Alliance Graphique Internationale,- Membre de l'Académie Royale de Belgique Il a reçu lInternational Book Award pour son action en faveur du livre et de la culture.
Visite de l'atelier 7 octobre 2006

Dans ces deux pièces qui donnent l'une dans l'autre, il y a des tableaux partout sur les murs, et sur les tables, quantité de feuilles non encadrées, comme si on attendait qu'elles fussent sèches. Car c'est de la vraie peinture, dans tous les sens du mot. Sans doute on y distingue des influences, parfois inattendues, comme celle de Modi, par exemple, mais le plus souvent, on n'est pas trop loin de Dubuffet ou de Chaissac. Or on voit que Ponçon a bien digéré toutes ces influences, et que son œuvre a pris un tour personnel, où l'angoisse le dispute à l'humour, le doute à l'enthousiasme, la naïveté à la science, la caricature à la tendresse. Et ce qui domine, à coup sûr, dans ces explosions d'un tachisme éloigné de tout système et de toute théorie, c'est l'accent de la sincérité, c'est l'amour de la vie.


Gérald Massé, écrivain, journaliste, article dans l'écho Républicain du 24 novembre 2006
La peinture d'Alain Ponçon interroge, amuse, séduit. Plus on la regarde, plus on y trouve des choses, preuve de sa richesse et de ses paradoxes...



Lucien Laborde,- écrivain, poète, peintre (1923-1999)
. Extraits d'un texte écrit en Janvier 1989
Pénétrer dans l'univers d'un peintre tel qu'Alain Ponçon est une aventure passionnante.

L'homme a le regard clair - frappé des fulgurations de l'espace et paradoxalement peut-être - d'une persistante acuité.Et voici déjà l'un des aspects essentiel de son œuvre. Mais tout n'est pas si simple que pourrait le laisser entendre notre propos. Il faut compter avec l'Angoisse. Car il n'existe pas de vraie peinture sans l'intense angoisse de son créateur.
Plus que tout autre, peut-être, Alain Ponçon connaît le prix et le poids des questions qu'il se pose. S'il lui arrive de céder à de fugitifs enthousiasmes, plus souvent il se déchire et parfois se renie. Un brasier intérieur le dévore.
Un doute le mine. Et c'est au seuil du désespoir qu'il retrouve brusquement audace et vigueur



Alain Ponçon Texte autobiographique 7 septembre 2016
Depuis l'âge de 45 ans, je suis en état d'urgence, face au temps qui passe. Je travaille avec l'espoir désespéré de réaliser “quelques belles toiles”.

J'utilise l'acrylique pour les sous-couches et l'huile pour les couches supérieures. Je n'ai jamais pu abandonner l'huile malgré le long temps de séchage. Cette lenteur ne suit pas toujours le rythme de la création mais permet le dialogue avec le tableau.
L'origine d'une peinture est complexe. Chaque peinture a son histoire. Mon grand livre de toiles suit une chronologie imprévue, chaotique, mais non dénuée de signification.
Si je suis constant dans la durée, car je travaille simultanément plusieurs séries qui s’étirent dans le temps, je suis très différent au fil de la journée, car j’ ai besoin de ruptures et passe ainsi d’une toile à l’ autre.
Cela commence par une envie qui se prolonge par quelques traces de fusain que je dessine ou efface au gré de mon ressenti, démarche déterminante pour la réussite de l’ œuvre, puis je superpose les couches de peinture, jusqu’à, parfois, saturer les couleurs.
Assis dans mon fauteuil, je passe beaucoup de temps à écouter mes peintures. dans un mystérieux échange. J'attends qu'elles suscitent des envies, qu'elles m'aident à trouver une nouvelle énergie, un nouvel équilibre sur la toile.
J'aime faire un maximum de lectures de mes peintures ainsi réalisée, sans refuser pour autant l’ ambiguïté . 
Le réalisation d'un tableau peut prendre plusieurs mois ou quelques heures. Le temps ne fait rien à l'affaire.
La technique en perpétuelle évolution fait partie de mon plaisir d’artiste. Si je suis parfois porté par une inspiration subite venue d'ailleurs, le plus souvent je besogne. Plus je vieillis, plus je demande, plus je puise en moi Je me nourris de nuages et de vent, de rencontres qui m’aident à découvrir et à montrer ces humains  ordinaires et pourtant si extraordinaires  porteurs de solitude, de tendresse, d’émotions, de dérisoire, de rêves, de blessures connues et inconnues, tous soumis au temps qui passe.

Ainsi se trouvent posés, dans une forme de poème, les thèmes sociétaux  qui nous interrogent sur notre devenir, mais aussi les grands questionnements – aux réponses improbables- sur le sens de la vie.Conscient des  bouleversements  mondiaux  qui nous projettent dans un avenir technologique, économique  voire culturel incertain – progrès ou  régressions dont on ne peut toujours déceler les contours - je  peins dans l’ombre de ma grotte…

Textes en version anglaise


Alain Ponçon
He was born in 1947 in Moigny, a village South of Paris which he left at the age of 5 to follow his parents, both teachers from school to school. Today he lives in Saint Maur sur Loir in the family house. His first exhibition took place at La Ferté sous Jouarre in 1971 and was soon followed by many more. In 2003, inspired by Jung’s work on ‘Synchronicities’, he created ‘Synchronicales’, a group of artists who started exhibiting across France and Europe in a number of places of historical and artistic significance.

The range of feelings that Alain Ponçon expresses are lovingly conveyed by characters reduced to primitive shapes. His technique is unconstrained and freely adjusts to the need and desire of the painter who plays with his medium with unmistakable pleasure. Self-admittedly his inspiration comes from the German Expressionists but one will also find evidence of some influence by the School of Paris, a hint of Pop Art as well as Art Brut, to which Alain has added his own pinch of poetry. As a multi-faceted artist, Alain plays with ambiguities, the comings and goings from imagination to reality and their sometimes unclear boundaries. It’s the quirky look of the tightrope walker which evokes emotion, reflection, introversion and irony. He lives in urgency. Alain’s approach draws from concepts deriving from the unintentional, the accidental and the Poor Man’s art. His work is also a narrative, this time without any
Traduction Maï pour mini cv 2009


To live and be human. Such is the task we are given. Imposed. But how? How to break from the primitive osmosis and accept to be alone? How to pretend and believe that we are going to last forever and take part in a game already decided? How to smile and get up and stand up and resist the call of the earth? How to stay warm and soft and moving when everything is pulling you down to immobility, horizontality, neverending cold?
Their lives are hanging by a thread. Their bones, their skin: just twigs and paper. The breath of life is unpredictable, unreliable, suffered. Their existence, just a breath in the wind. They flutter madly, without control, without purpose, without going anywhere. They float and spin for a while then fall and break.
There is no freedom –someone’s holding me back, tying me back to the ground.
There is no security –I’m but a piece of paper depending on a line that can break, on another who can let me go.
The eyes of the kites do not look. The smiles of the kites do not smile. They drift away.
They tell me about the terror of becoming human. The realisation that we belong neither above nor below, that we are fragile and helpless, that we can fall anytime and that one day we will. So we stick a fake smile on our faces and smear our eyes to desguise our tears, our fear and the weariness that submerge us; we spread our arms wide like a convict and let the breeze –or storm- take us on a journey. To forget. Forget what it is like to be human. (‘don’t let me go!’)
The kites also taste of childhood. The ‘real’ taste of childhood which is anything but the harmless, innocent cruise we lead ourselves to believe. Freed from any taboos, they blend dream and nightmare, playfulness and angst; and all tell me about all these turbulences we have to face even before knowing how to put words on them (‘I’m here’). They are thrown like callings for humour and levity in order to resist terror and despair. Fragiles but colourful, heavy-laden but light-hearted, the kites play with ambiguity and irony. They are not what they seem.
Gaëlle Konak ( Regards, avril 2007) - Peintre, photographe et poète traduction par Gaëlle Konak de son texte en anglais les cerfs volants


A quirky look on things, forever hovering between dream and reality through irony and tenderness
Alain Ponçon was born in 1947 in Moigny, a village south of Paris which he left at the age of 5 to follow his parents, both teachers, from school to school. Today he lives in Saint Maur sur Loir in the family house.
His first exhibition took place at La Ferté sous Jouarre in 1971 and was soon followed by many more.
In 2003, inspired by Jung’s work on ‘Synchronicities’, he created ‘Synchronicales’, a group of artists who started exhibiting across France and Europe
Alone or with these different groups, Alain Ponçon has exhibited in Europe, in Brazil, China, Los Angele….
The range of feelings that Alain Ponçon expresses are lovingly conveyed by characters reduced to primitive shapes.
His technique is unconstrained and freely adjusts to the need and desire of the painter who plays with his medium with unmistakable pleasure.
Self-admittedly his inspiration comes from the German Expressionists but one will also find evidence of some influence by the School of Paris, a hint of Pop Art as well as Art Brut, to which Alain has added his own pinch of poetry.
As a multi-faceted artist, Alain plays with ambiguities, the comings and goings from imagination to reality and their sometimes unclear boundaries. It’s the quirky look of the tightrope walker which evokes emotion, reflection, introversion and irony. He lives in urgency.
Alain’s approach draws from concepts deriving from the unintentional, the accidental and the Poor Man’s art. His work is also a narrative, this time without any concept, a poetic voice growing ever stronger with each piece.